Nocturnes (Nuages, Fêtes, Sirènes)


Voici l’Avent, mais je préfère retourner un peu en arrière… en octobre, avec ses ciels hésitants d’équinoxe, ses premières brumes, son feuillage incertain, son Inktober.— que je rebaptise (c’est mon côté Toubon) Encretobre, même si l’expression n’est pas de moi.

Encretobre est normalement dédié aux illustrateurs, mais j’y ai vu une très bonne occasion pour mettre au défi mon rapport au temps après avoir déniché une liste qui me tentait bien. Un poème par jour pendant 31 jours, dans des registres formels aussi variés que possible.; je suis très contente de m’y être tenue alors que le rythme d’octobre fut infernal, entre une cadence accélérée au travail et diverses deadlines (adieu Toubon) qui s’approchaient de plus en plus. Certains poèmes me sont venus naturellement en plein pendant ma pause-déjeuner (pas nécessairement les plus courts), d’autres au contraire ont nécessité de longues, longues heures d’écriture et de ratures. J’ai triché à deux reprises, en insérant des textes de 2015 qui se mariaient si bien au thème imposé que je ne voyais rien d’autre à y ajouter.

Cette session intensive fut vécue comme un exercice salutaire. J’ai l’écriture compulsive et erratique, je tourbillonne beaucoup avant de la cadrer, et je peine à trouver un souffle constant dans les projets au long court. Je n’y vois pas forcément un désavantage, je ne suis pas pressée et je reviens souvent sur des brouillons avec une plume plus juste, mieux aiguisée, mais tout de même… c’est agréable, un point final… À clore un volume, même mince, même pour la seule pratique, c’est toute une vision neuve du monde qui se met en place, c’est s’approprier une partie du pouvoir du Temps.: à donner la fin je donne la cohérence et, d’une certaine manière, une vie propre. On y prendrait goût… Et puis, je ne pensais pas en retirer des textes qui me plairaient autant. Sur les 31, il y en a sans doute bien 4 ou 5 que j’aime vraiment beaucoup.

J’ai partagé quelques extraits sur mon compte Instagram. Rendre la chose publique me poussait à m’y atteler quand la lassitude prenait le pas sur la volonté. Et, autre surprise, quelques amis m’ont demandé si je comptais publier lesdits textes. La question m’a un peu gênée, parce que la démarche de l’exercice est pour moi à mille lieues de la publication, mais, sans rire, j’ai eu droit à des réactions tellement courroucées quand j’ai commencé à exposer mes arguments que j’ai fini par céder, mi-touchée, mi-flattée (comme quoi, je ne suis pas aussi incorruptible que ce que je me plais à imaginer). J’ai donc coupé la poire en deux avec une impression confidentielle, 35 exemplaires de Nocturnes en simple papier recyclé — manière aussi de garder l’exercice à son humble place.


Quelques images de la bête.

(Pour les derniers curieux, 2 de ces exemplaires n’ont pas encore trouvé preneur.)

(Bonus, rapport au titre…)


Commentaires

Articles les plus consultés