Quid ?


Est-il vraiment sain de rouvrir un blog quand on peine à établir des relations détendues avec sa gestion du temps.: sans doute pas,  mais l’exercice me manquait pour diverses raisons.

Quand j’ai abandonné celui que j’ai tenu pendant plus de quatre ans (toujours visible ici), j’étais en train d’écrire le premier ouvrage (Lune.s) que je destinais à une audience bien plus large que celle à laquelle je m’adressais habituellement, et je l’ai publié sous mon véritable nom. Il m’était alors inconcevable de lier tout ce que j’avais écrit précédemment à mon identité civile, et j’ai donc migré vers un site moins personnel que j’ai rapidement laissé de côté, sans doute parce que je ne parvenais pas à m’attacher à la superficialité à laquelle je tenais à le réduire.

Mais rapidement, une première frustration s’est développée : je ne savais plus comment parler de mes séances de poses, de mes inspirations. Je me retrouvais réduite à tout ce que je déteste dans le rôle de modèle, à savoir simplement montrer son visage. Quid des musiques, des tableaux, des poèmes qui se situaient en amont.? Je n’ai jamais voulu poser pour autre chose que l’incarnation d’une ambiance, ou au moins d’un état d’esprit. Certaines y voient autre chose, et tant mieux pour elles.: ce n’est pas mon cas. Poser a toujours été un corollaire à l’écriture. Je voyais les Lune.s comme le prolongement logique de la chose, et aussi son crépuscule. Trois mois après le vernissage, j’ai totalement arrêté la pose. Je n’en étais pas plus épanouie pour autant, je perdais mon temps autrement, voilà tout. Première raison.

La deuxième est que dans ce flot d’images sous lequel notre époque plaît à se noyer, j’aime bien lui rajouter les miennes. Celles de mes voyages, principalement. Je ne vois pas l’intérêt de garder ce genre de souvenirs jalousement pour moi quand j’aime autant regarder ceux des autres : j’aime la circularité. Et le bête partage sur Facebook (que j’ai quitté depuis bientôt six mois) ne m’intéresse pas.; je lui préfère, évidemment, la narration. Tout est prétexte à exercices. J’aime les récits de voyage de Nerval.: je l’imite avec extase, à ma petite échelle. À se frotter aux idoles, on en retire nécessairement quelque chose (peut-être de les voir se fêler, par exemple). De la même façon, j’aime beaucoup Instagram, mais son aspect séquentiel me dérange.

Sans compter d’autres raisons supplémentaires, revenir au blog devenait donc bien naturel. Hors de question cependant de reprendre celui d’avant.; la coupure dans l’état d’esprit était bien trop marquée. Voici donc Burogu-chan junior, qui sera sans doute bientôt mieux connu sous le nom plus sérieux de Bubu, ou Burobis, qui sait.

Ainsi, merci de commencer à me lire ici, et bienvenue.

Commentaires

  1. Ah mais super ! Moi qui n’ai pas connu ton précédent blog, je me réjouis beaucoup de pouvoir te lire sur celui-ci.

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    1. Merci beaucoup pour ton commentaire, et pour ta lecture ! J’espère que je serai plus régulière ici que lors de ma tentative de site mort-né.

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